Ouvrir la porte de l'imaginaire

Brut de fonderie #7

 

 

Dans ce 7e numéro de la revue, vous trouverez des textes produits à l'occasion des ateliers d'écriture pour adultes et adolescents (16 ans et +) que j'anime à Lyon. Ils s'articulent autour d'un fil conducteur propice à l'écriture : le voyage.

 

L'atelier d'écriture collectif est le premier pas vers l'accompagnement pour écrire. Nous poussons ensemble la porte de l'imaginaire, puis au fil des ateliers, de la pratique régulière de l'écriture, elle sera de plus en plus légère à pousser, entrouvrir, entrebailler pour y passer une main, une tête, puis le corps tout entier...

 

 

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Epinglée !

Nous étions arrivés la veille à St Malo et j'étais là devant un petit déjeuner spécial vacances : un croissant, des crêpes et un jus de mangue. Je contemplais la mer par la grande baie de cet hôtel luxueux. Il s'assit en face de moi, posa son plateau  et avec l'air d'avoir eu une idée de génie, me dit :
"- Je vais rapporter de ce voyage un tableau de nœuds marins. J'en vu un chez Paul la semaine dernière. C'est fascinant, tous ces nœuds et ça me fera rêver à la mer quand je serai loin d'ici.
- Ah ! Oui !, répondis-je en mordant dans le croissant et sans lever les yeux que je tenais fermés pour mieux apprécier le goût de la viennoiserie.
- Ce main, nous allons faire les boutiques de la vieille ville. J'ai une idée bien précise de ce que je veux.
- Ah !"
Le ciel était d'un bleu tendre et la luminosité parfaite, j'avais envisagé de longer la plage et de prendre des photos. Moi, les nœuds m'évoquaient les cordes d'escalade et la montagne.
Il me regardait d'un air interrogateur et je ne savais que dire. Une légère déception montait en moi et un brin de tristesse. Ah bon ! Ce serait ainsi notre séjour à St Malo ?
Oui bien sûr, je pourrais lui offrir ce tableau, c'était son anniversaire dans deux jours mais quelque chose me retenait. Pas envie tout simplement ! Et puis cette façon de décider de notre matinée.
"- Je voulais faire des photos sur la plage ce matin, murmurai-je en le regardant tartiner sa biscotte de gelée de framboise.
- Et bien ! Ce matin tu photographies la ville et je fais les magasins, et cet après-midi balade sur la plage... après la sieste", ajouta-t-il en me pressant la main à travers la table.

Sur le quai pavé et mouillé, des passant se dirigeaient d'un pas rapide vers le centre ville, pour aller travailler, pensais-je, tandis que des retraités flânaient tout en faisant attention au sol glissant.
La mer moutonnait, un petit vent courbait les fleurs colorées derrière la baie. Mais j'avais l'impression qu'un voile gris avait éteint le paysage. Je secouai la tête comme pour en chasser les scories et portai à mes lèvres la tasse de café dont j'espérais qu'elle me donnerait l'énergie de positiver.
Dans les ruelles de la vieille ville fortifiée, de nombreux magasins proposaient des tableaux de nœuds marins, des petits avec trois au quatre nœuds, souvenir d'un passage en bord de mer dont on se demandera plus tard quelle idée on a eu de le rapporter et qu'on reléguera sur un mur de la chambre d'amis. De grands tableaux garnis de nombreux nœuds trouvaient aussi leur place dans les vitrines. Ceux-là seront accrochés dans le salon, laissant supposer plus qu'un passé de marin pour son propriétaire, mais un goût obsessionnel pour les énigmes que  sont les nœuds.
« - Alors, ça te plaît ?  dit l'homme à côté de moi, qui hésitait entre les différents modèles.
- Euh ! On dirait des petites bêtes mortes dont on aurait coupé la tête et les jambes, comme font les enfants qui découpent les insectes.
- Mais toi, t'es incroyable ! Où tu vas chercher des trucs pareils ? »
Je ne pouvais pas répondre à pareille question aussi je ne dis pas que j'y voyais aussi des papillons agonisant, une épingle dans l'abdomen, agitant inutilement leurs ailes avant de renoncer.
Je souris en me disant que non, je ne finirai pas ainsi !
Il hésitait entre les différents modèles :
« Je vais réfléchir et je reviendrai demain ! »

Tout le long de notre déambulation dans les rues pavées, j'avais pris les photos nécessaires pour un album de vacances, les maisons en pierre des riches armateurs, les remparts et la tour, les chapelles. Je cherchais maintenant à prendre quelques clichés plus originaux, jeux de lumière ou détails curieux.
J'aurais voulu marcher sur le sable, voir le soleil jouer entre les brise-lames et … être seule. Oui c'était ça, seule sur la plage. J'avais un peu honte d'avoir ce désir alors qu'il passait son bras autour de mes épaules et disait avec son sourire à fossettes :
« C'est l'heure des crêpes et du cidre, non ?
Je suis gourmande alors j'ai dit :
- Oui, bonne idée ! Et je me promettais d'y aller demain, sur la plage... seule.
- Tu vois, je sais deviner ce qui te fait plaisir. »
Le salon de thé tenait de la taverne, bas de plafond et bancs de bois mais la crêpe au beurre salé était délicieuse. Le cidre me mit le rose aux joues et dissipa le sentiment d'étouffer que j'avais en entrant. Finalement être à deux, c'était agréable et je sortis de là, guillerette, en me demandant pourquoi vouloir être seule.

Pendant le repas du soir, il sortit de sa poche une enveloppe qu'il me tendit, visiblement content de lui. Elle contenait deux billets de bateau pour un aller-retour le lendemain sur l'île de Sark. Oui, pensais-je, nous avions envisagé d'aller sur cette petite île, au large de Jersey, où on ne croise que vélos et charrettes à chevaux et qui, jusqu'à peu, était régentée de manière féodale. Mais, bon, il aurait pu m'en parler !
« Ben, tu dis rien ? Il va faire beau, la mer sera plutôt calme, une belle journée en amoureux, non ?
- Tu aurais pu m'en parler. Demain je voulais marcher sur la plage.
- Le sable va pas s'envoler. Tu iras plus tard. Avec toi, c'est toujours pareil, je me creuse la tête pour prévoir des trucs sympas et tu n'es pas satisfaite ! »
Je me sentis coincée, comme un papillon entre les mains d'un collectionneur.
Par la baie, j'apercevais dans l'eau les brises-lames de bois noir à peine rosis par les rayons du soleil couchant. Bien sûr il faudrait que j'arrive à dire ce que j'avais au bord des lèvres. Qui m'a, depuis toujours, empêchée de dire ce que j'avais sur le cœur ?
Je tournais les yeux et le regardais en murmurant :
« Si tu réfléchissais... Je suis fatiguée, je monte me coucher » et je le plantais là, devant son Paris-Brest, vexé de se retrouver seul dans la salle de restaurant.

Au retour de la journée à Sark, j'étais épuisée et me sentais en colère, contre lui, contre moi. Il avait tout décidé, la balade en vélo jusqu'à la pointe de l'île, le restaurant de poissons, la visite en carriole  l'après midi « pour digérer tranquille » et bien sûr le tour des magasins de souvenirs pour trouver le tableau de nœuds de ses rêves.
Je ne dis rien de l'image qui me vint, de peur qu'il ait des doutes sur ma santé psychique : j'étais au milieu du tableau, bras et jambes en croix, la grosse aiguille de grand-mère qui lui servait à recoudre la dinde après l'avoir farcie, plantée dans le ventre.

De retour à l'hôtel, je tentais de lui dire combien c'était pénible qu'il décide tout, et que j'aimerais que nous décidions ensemble de nos projets. Enfin que je n'étais pas un accessoire, agréable sans doute, à emporter dans sa valise.
« Je comprends rien ! On n'est pas bien là, tous les deux ?
- Non, je ne suis pas bien ! »
Je sentis la bulle de colère et de déception enfler en moi et brusquement éclater. Je pris ma valise et commençais à la remplir.
« Je prends le train de nuit ce soir.
- Mais tu es folle ! C'est juste une dispute d'amoureux ! Non ?
- Non ! »
J'étais déterminée, j'avais franchi un point de non retour et je sentis la tension de mes muscles se relâcher. J'attrapai mon bagage, lançai un : « Dommage » et refermai la porte derrière moi.

 

 

Un texte écrit par Dominique, à l'occasion de l'atelier Carnet de voyage

(Atelier d'écriture régulier à Lyon)

 

 

 

Dans mon arche

 

Dans mon arche, il n’y a que le strict nécessaire.
D’abord, mon appareil photo. Pas celui que l’on m’a offert à Noël, il est bien trop compliqué à utiliser. J’ai pris l’ancien, que j’ai depuis dix ans et dont je connais toutes les fonctions. Je veux être certaine de ne rater aucun cliché. Je l’ai rangé à côté du guide de voyage, dont je n’ai corné qu’une seule page, car je sais précisément où me mènera ce voyage. Ils sont tous les deux posés sur mon vieux coussin plat et décoloré, fidèle compagnon qui ajoute juste la bonne épaisseur aux oreillers classiques. A côté, j’ai aligné mes tongs, les souples, les plus simples, celles que je peux porter à l’extérieur comme à l’intérieur. L’odeur du linge propre tout juste sorti de la machine émane de la minuscule pile de vêtements que j’emporte avec moi. J’ai aussi décidé de ne pas sacrifier mon plant de tomates jaunes, que j’ai eu tant de mal à entretenir. Je sens qu’il a encore beaucoup de fruits à donner. Là où je vais, il aura de l’amour, de la chaleur, de l’eau. Il sera bien. Iggy, mon chinchilla désormais empaillé, m’accompagne également. Du fond de sa cage, je sentais bien qu’il avait des envies de voyage. Mieux vaut tard que jamais. Le plus difficile a finalement été de capturer un peu de cette odeur de petit chat qui stagne derrière l’oreille de mon fils. J’ai réussi à l’enfermer dans une petite fiole transparente, rapidement scellée d’un bouchon en liège et d’un peu de cire chaude. Je l’ai déposée à côté de sa photo, cheveux hirsutes et mine du petit matin. Je sais que je ne le reverrai pas de sitôt. Je rêve de tranquillité, sur une île sauvage, où seul le vent me dérange. Mais en attendant, je me laisse emporter par l’ivresse du voyage. Dans ma main, trois graines que je sèmerai à son terme. Une graine de sensitive, pour me rappeler la fragilité de la vie. Une graine d’ipomée bleue, pour me remémorer sa beauté. Enfin, celle que je sèmerai en dernier, qui verra s’épanouir mon arbre généalogique, dont j’ornerai l’une des branches les plus basses à la fin du voyage.

 

 

Un texte écrit par Aurélie, à l'occasion de l'atelier Dans mon arche

(Atelier d'écriture régulier à Lyon)

 

 

 

 

En forêt

(à partir d'un objet du quotidien)

Le bruissement des feuilles sous mes pas résonnait dans la forêt. J’avançais depuis le soleil levant parmi les arbres imposants de cette nature sauvage. Ma horde et moi nous étions quittés depuis plusieurs jours et je continuais désormais ce voyage avec ma solitude comme seule compagnie.
De denses forêts couvraient la majorité du globe, au détriment de quelques rares villages qui appartenaient à des nomades dont je ne partageais pas les idéologies de vie. Je préférais m’aventurer dans la nature, loin des hommes. Elle me parlait, à travers le vent dans les feuilles des arbres, le chant des oiseaux qui s’élevait dans le ciel bleu et l’écorce rugueuse de mes compagnons de chemin. Dans ce cadre, j’arrivais fort bien à satisfaire mon appétit et mes besoins.
Il m’arrivait parfois de tomber nez à nez avec d’étranges structures d’un autre temps, dont je ne comprenais guère l’utilité. Je restais alors plusieurs heures à découvrir ces ruines et j’imaginais qu’une civilisation disparue avait vécu entre ces arbres. Toutefois, rien ne laissait présager la présence passée d’autres êtres humains. J’embarquais bien souvent dans ma besace quelques objets incongrus dans l’espoir de pouvoir les échanger au prochain village contre des vivres que la nature ne pouvait me procurer.

Lorsque le soleil arriva à son zénith, j’entendis mon ventre réclamer quelques victuailles. Depuis plusieurs mètres, je suivais un amoncellement de pierres trop bien rangées pour appartenir aux paysages désobéissants de la nature. Un muret improvisé encadrait mon chemin vers une destination dont j’ignorais la finalité. Le sentier se dessinait maintenant si bien que je ne portais plus attention à ma faim. Je m’enfonçais plus loin encore dans la forêt dont l’obscurité oppressante commençait à m’envelopper. Au milieu des arbres majestueux se dressaient de grands murs de pierre en ruine. Cela ne ressemblait en rien aux tipis nomades dont j’avais l’habitude et m’intriguait fortement. J’entrais avec curiosité dans les ruines, prenant soin de ne pas troubler la tranquillité des lieux. Plusieurs compartiments s’enchaînaient, tous à l’abandon. J’avançais lentement parmi les ronces et les herbes hautes, déçu de ne pas pouvoir comprendre l’utilisation d’un tel milieu. L’air devenait plus frais et humide à mesure que je m’enfonçais, rendant mes mains désagréablement moites.
Alors que j’allais abandonner et rebrousser chemin, un éclat de soleil fit étinceler un drôle d’objet un peu plus loin. Je m’approchais et constatais qu’un muret de pierre était encore en parfait état. En son centre reposait l’objet aperçu. C’était la première fois au cours de mon périple que je trouvais une chose si particulière.
Je sursautais de peur quand je vis la tête d’une femme qui semblait coincée dans l’objet. C’était la tête la plus petit que je n’avais jamais vue ! Ce qui me choqua davantage était l’absence de couleur de ce visage. Quelle étrangeté ! J’avais eu l’occasion de croiser mon reflet dans certains lacs lors de mes baignades et je pouvais dire avec certitude que cette personne n’était pas moi. Était-elle enfermée dans l’objet ? Souffrait-elle ? Je n’osais tendre la main et la toucher. La femme restait figée. Peut-être avait-elle peur de moi ?

Je ne vous ferais aucun mal, m’entendais-je prononcer.

Mais elle ne réagit pas davantage. Je ris alors de ma propre bêtise. Cette femme ne pouvait être vivante. Elle n’avait ni corps, ni cœur.
Autour de son visage, quatre épaisses tiges avaient été sculptées et biseautées pour s’aligner à la perfection en un rectangle un peu plus haut que large. J’observais de plus près ce contour sur lequel j’apercevais maintenant des veinures. Du bois, pensais-je. Pourtant, je n’avais encore jamais rencontré un bois d’une pareille couleur dans toute l’étendue des contrées que j’avais traversées. Son aspect était plus brillant qu’un fer poli. Ma curiosité plus grande que ma peur, je laissais mes doigts parcourir ces rebords particulièrement lisses.
Soudain je compris. Cette femme devait être une prisonnière d’une tribu naine. Elle avait été exécutée et sa tête mise dans cette boîte. Mon esprit logique me guidait vers cette explication rassurante. J’allais tourner l’objet et voir le reste de sa tête à l’arrière. D’un geste brusque et décidé, je retournais l’étrange boîte. Quelle ne fut pas ma stupeur lorsque je vis que l’arrière était aussi plat que l’avant ! Cette tête avait été ensorcelée et enfermée dans cette boîte plate.

Mon instinct me hurlait de fuir loin de cette magie maudite. Mais j’avais scellé mon destin en quittant ma horde après m’être fait la promesse de comprendre d’où venais toutes ces étrangetés que l’on croisait sur nos routes. A l’arrière de la boîte, je retrouvais une plaque de bois dont la couleur de l’écorce rassurait mes habitudes. Un drôle de pied, aussi fin que la lame de mon couteau, permettait à la boîte de se dresser de toute sa hauteur sur le muret. Je remarquais d’étranges agrafes de fer plantées dans le dos. Je présumais que ce devait être les instruments qui avaient permis de sceller le sort, aussi, je me gardais bien de les décrocher.
Mon inspection particulièrement maladroite, je renversais la boîte, qui, au lieu de tomber, bascula sur le côté grâce à son pied. Cet objet était le plus ingénieux de tous ceux que j’avais pu trouver à ce jour. Pris d’une pensée étrange, je retournais la boîte, m’attendant à ce que la tête suive le même mouvement. Cependant, elle ne bougea pas. Toujours figée, elle gisait sur le côté.
Je m’assis sur le muret le plus proche, l’esprit empli de questions sur ce que j’allais faire d’un tel objet. Si j’en bravais la magie, je pouvais en tirer une grosse somme au prochain village et assurer ainsi ma survie hors de la horde. Je sortais de sommaires victuailles de ma besace le temps de prendre une décision. Repu et satisfait, je choisi d’emporter la boîte avec moi. Je m’emparais de l’objet sans difficulté et le fourrais au fond de ma besace.

"Je ne t’appartiens pas, sors-moi d’ici ! ", hurla mon sac.

Pris de panique, je sortis l’objet du sac et le jetais contre le mur le plus proche.
 
"C’est malin, tu as brisé mon verre et abîmé mon cadre", continua la voix d’un ton plus triste.

Je m’approchais, bien conscient que l’objet ne pourrait pas se déplacer et m’attaquer. Une large fissure barrait maintenant le visage, parsemant sa surface d’une légère et brillante neige. Le visage restait pétrifié malgré le choc. Les yeux baissés, j’apercevais toutefois de lourdes larmes couler sur ses joues.
Devant cette femmes éplorée et prisonnière, mes peurs s’envolèrent rapidement. Je saisi la boîte et tentais du mieux que possible d’effacer les traces de cette mésaventure. Doucement, je vérifiais que le pied n’avait pas souffert et je reposais l’objet sur son muret.

"- Qui êtes-vous ? murmurais-je à la femme.
- Un souvenir, me répondit-elle.
Je m’assis patient devant elle. Les couleurs du crépuscule faisaient brûler les pierres autours de moi.
- Je crois que tu es prêt.
Le bruissement des feuilles caressait les paroles de la femme. Elle leva ses yeux vers moi et m’enveloppa de son regard chaleureux.
- Je vais te raconter l’histoire du jour où les hommes sont devenus des arbres".

 

 

Un texte écrit par Julie, à l'occasion de l'atelier Petite ethnologie fantastique

(Atelier d'écriture régulier à Lyon)

 

 

 

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